Théâtres indiens

Plus que l’Occident, longtemps partagé entre haine et fascination, l’Inde a l’amour du théâtre, sans doute parce que s’y condense sa vision du monde et de l’être dans le monde. Qu’est le monde en effet et celui, homme ou dieu, qui s’y inscrit fugitivement, sinon la création de la māyā, l’Illusion co...

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Bibliografische gegevens
Formaat: Online
Taal:Frans
Gepubliceerd in: Éditions de l’École des hautes études en sciences sociales 2022
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Online toegang:ONIX_20220701_9782713231391_468
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Omschrijving
Samenvatting:Plus que l’Occident, longtemps partagé entre haine et fascination, l’Inde a l’amour du théâtre, sans doute parce que s’y condense sa vision du monde et de l’être dans le monde. Qu’est le monde en effet et celui, homme ou dieu, qui s’y inscrit fugitivement, sinon la création de la māyā, l’Illusion cosmique ? Sur le tréteau de l’univers, Śiva, le Nitarāja, prince et modèle des acteurs, est le dieu qui joue, souverainement. Théâtre indien, donc, ou plutôt, tant l’objet est divers, ambigu et labile, théâtres indiens, fussent-ils réels ou rêvés, de Java ou du romantisme français. De l’Inde à l’Occident, du passé, mythique ou historique, au présent, les dix-huit textes de ce volume voudraient, multipliant les points de vue, rendre compte de ce pluriel. Philologie, analyse littéraire, histoire, sociologie, ethnologie, témoignage de praticiens, poésie même : les approches sont nombreuses, et font leur place à la scène du rituel, comme à la réflexion esthétique et philosophique. Impossible en effet d’ignorer la question fondamentale : celle des rapports du théâtre et de la réalité, avec pour corollaire les raisonnements sur les registres d’incarnation — la figuration théâtrale et la possession —, lesquels, loin de circonscrire fermement les domaines du théâtre et du rituel, contribueraient plutôt à en brouiller les contours puisque la possession elle-même est susceptible d’être jouée. De ces glissements et recouvrements incessants naît un trouble qui est peut-être aussi la condition du plaisir esthétique comme celle de l’accès, au-delà de l’apparence, à une réalité plus haute. L’illusion est la fin du théâtre et sa vérité, son enjeu. Le rideau, « cette toile qui sépare du mystère », comme dit Mallarmé, en est, avant l’acteur même, le premier signe.